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16 septembre 2007 7 16 /09 /septembre /2007 11:40
Auteur
Laurent GAUDE
 
 
Catégorie
Dolce Vita
 
 
Quatrième de couverture
L’origine de leur lignée condamne les Scorta à l’opprobre. A Montepuccio, leur petit village d’Italie du sud, ils vivent pauvrement, et ne mourront pas riches. Mais ils ont fait vœu de se transmettre, de génération en génération, le peu que la vie leur laisserait en héritage. Et en dehors du modeste bureau de tabac familial, créé avec ce qu’ils appellent « l’argent de New York », leur richesse est aussi immatérielle qu’une expérience, un souvenir, une parcelle de sagesse, une étincelle de joie. Ou encore un secret. Comme celui que la vieille Carmela confie au curé de Montepuccio, par crainte que les mots ne viennent très vite à lui manquer.
 
 
Morceau choisi : Pancia piena
« Quand avons-nous été heureux ? » 
[…]
« Et alors ? Qu’est-ce que tu réponds à cette question ?
Giuseppe gardait le silence comme s’il avait un crime à confesser. Il semblait hésiter.
- C’est cela, justement, dit-il avec timidité. J’ai réfléchi. J’ai tenté de faire la liste des moments de bonheur que j’ai connus
- Il y en a beaucoup ?
- Oui. Beaucoup. Enfin, je crois. Suffisamment. Le jour de l’achat du bureau de tabac. La naissance de Vittorio. Mon mariage. Mes neveux. Mes nièces. Oui. Il y en a.
- Pourquoi as-tu cet air triste alors ?
- Parce que lorsque j’essaie de n’en retenir qu’un, le souvenir le plus heureux de tous, sais-tu lequel me vient à l’esprit ?
- Non.
- Ce jour où tu nous as invités tous, pour la première fois, au trabucco. C’est ce souvenir là qui s’impose. Ce banquet. Nous avons mangé et bu comme des bienheureux.
- Pancia piena ? dit Raffaele en riant.
- Oui. Piancia piena, reprit Giuseppe les larmes aux yeux.
- Qu’est-ce qu’il y a de triste à cela ?
- Que dirais-tu, répondis Giuseppe, d’un homme qui, au terme de sa vie, déclarerait que le jour le plus heureux de son existence fut celui d’un repas ? Est-ce qu’il n’y a pas de joies plus grandes dans la vie d’un homme ? N’est-ce pas le signe d’une vie misérable ? Est-ce que je ne devrais pas avoir honte ? Et pourtant, je t’assure, chaque fois que j’y réfléchis, c’est ce souvenir là qui s’impose. Je me souviens de tout. Il y avait du risotto aux fruits de mer qui fondait dans la bouche. Ta Giuseppina portait une robe bleu ciel. Elle était belle comme un cœur et s’activait de la table à la cuisine, sans cesse. Je me souviens de toi, au four, suant comme un travailleur à la mine. Et le bruit des poissons qui sifflaient sur le gril. Tu vois. Après une vie entière, c’est le souvenir le plus beau de tous. Est-ce que cela ne fait pas de moi le plus misérable des hommes ?
Raffaele avait écouté avec douceur. La voix de son frère lui avait fait revivre ce repas. Il avait revu, lui aussi, la congrégation joyeuse des Scorta. Les plats qui passaient de main en main. Le bonheur de manger ensemble.
- Non, Peppe, dit-il à son frère, tu as raison. Qui peut se vanter d’avoir connu un pareil bonheur ? Nous ne sommes pas si nombreux. Et pourquoi faudrait-il le mépriser ? Parce que nous mangions ? Parce que ça sentait la friture et que nos chemises étaient mouchetées de sauce tomate ? Heureux celui qui a connu ces repas-là. Nous étions ensemble. Nous avons mangé, discuté, crié, ri et bu comme des hommes. Côte à côte. C’était des instants précieux, Peppe. Et je donnerais cher pour en connaître à nouveau la saveur. Entendre à nouveau vos rires puissants dans l’odeur du laurier grillé. »
 
 
Post-face
Après un début fastidieux, ce roman m’a littéralement happée. J’ai espéré que la fratrie, face à l’adversité, décuple sa force avec le temps. Je les ai encouragés à se lancer dans la vie. J’ai goûté leur sueur. J’ai assisté à tous les mariages et aux naissances des petits. J’ai chanté, mangé et ri de tout cœur avec eux le dimanche midi au trabucco. J’ai écouté leurs leçons de vie. Et je les ai accompagnés sur le chemin de la fin…
 
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24 juin 2007 7 24 /06 /juin /2007 10:40
Auteur
Alessandro BARICCO 
 
Catégorie
Improbabilités en tous genres... Pour rêver, et surtout exister...
 
Quatrième de couverture par l'auteur
"Pour la petite histoire, je voudrais dire que pour la première fois j'ai écrit un livre qui, au moins en partie, se passe de nos jours. Il y a des voitures, des téléphones, des autobus, il y a même un téléviseur, et à un moment, il y a un monsieur qui vend une caravane. Il n'y a pas d'ordinateur mais un jour j'y arriverai. A vrai dire,je me suis un peu reposé de cet effort en dessinant dans City deux quartiers, qui glissent en arrière dans le temps.
Dans l'un d'eux, il y a une histoire de boxe, du temps de la radio. Dans l'autre, il y a un western. J'ai toujours eu envie d'écrire un western. C'est très amusant et c'est aussi très difficile. Tu passes ton temps à te demander comment tu vas bien pouvoir écrire la fusillade finale."
 
 
Morceau choisi : le professeur Bandini présente sa théorie sur le porch, ou véranda
" L'anomalie du porch - continua le professeur Bandini - est bien évidemment d'être, dans le même temps, un lieu dedans et un lieu dehors. D'une certaine manière il représente un seuil en prolongement, où la maison n'est plus, sans toutefois s'être annihilée dans la menace du dehors. Il est une zone franche dans laquelle l'idée de lieu protégé, dont toute maison est là pour être le témoignage et la réalisation, va au delà de sa propre définition, et se repropose, presque sans défense, comme par une résistance posthume aux prétentions de l'ouvert. en ce sens, cela paraîtrait un lieu faible par excellence, monde en équilibre, idée en exil. Et il n'est pas exclu que ce soit précisemment cette identité faible qui coucoure à son charme, l'homme étant enclin à aimer les lieux qui semblent incarner sa propre précarité, qui le fait créature à découvert, être de frontière.
En privé, le professeur Bandini résumait ce résonnement par une expression qu'il jugeait imprudent d'utiliser en public, mais qu'il considérait comme une heureuse synthèse "Les hommes ont des maisons : mais ils sont des vérandas"
[...]
C'était une chose à laquelle le professeur Bandini croyait, par delà n'importe quelle nécessité académique - lui, simplement, il croyait que les choses se passaient exactement ainsi, il le croyait même quand il était dans sa salle de bains. Il pensait, vraiment, que les hommes se tiennent sur la véranda de leur propre vie (exilés par conséquent d'eux-mêmes) et que c'est la seule manière possible, pour eux, de défendre leur vie contre le monde, car si seulement ils se risquaient à rentrer chez eux (à être eux-mêmes ,donc) cette maison  redeviendrait immédiatement refuge fragile dans la mer du néant, destinée à se voir balayer par la grande vague de l'Ouvert, et le refuge se transformerait en piège motel, raison pour laquelle les gens s'empressent de sortir sur la véranda (et donc d'eux-mêmes), reprenant position au seul endroit où il leur a été donné d'arrêter l'invasion du monde, sauvant du moins l'idée d'une  maison à soi, fut-ce  en résignant à la savoir, cette maison, inhabitable. Nous avons des maisons, mais nous sommes des vérandas, pensait-il. Il regardait les hommes, et dans leurs mensonges émouvants, entendait le grincement de la chaise à bascule sur les planches poussiéreuses du porch ; et pour lui les grands éclats d'orgueil et de fatiguante affirmation de soi où il voyait, chez les autres et chez lui-même, se nicher le verdict d'un exil éternel n'étaient que de ridicules fusils chargés. C'était une histoire très triste, à bien y réfléchir, mais émouvante aussi, parce qu'à la fin, le professeur Bandini se savait ressentir de l'affection pour lui-même et pour les autres, et de la compassion pour toutes les vérandas dont il se voyait entouré"
 
Post-face
Je nous laisse méditer là-dessus...
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10 juin 2007 7 10 /06 /juin /2007 14:01
Auteur
Lydie SALVAYRE
 
 
Catégorie
Cynisme à tous les étages
 
 
Quatrième de couverture
Il s’agit de belles âmes. En visite chez les pauvres. Cela se fait.
La visite est organisée par Real Voyages qui prône un tourisme un peu particulier puisqu’il consiste à faire découvrir l’envers des grandes villes et leur désolation.
Projet admirable – nous vous demandons d’applaudir – qui va être sérieusement mis à mal.
Car dans l’autobus qui conduit ces très charitables personnes à travers six pays d’Europe, il y a Jason, le trouble-fête, que les pleurnicheries de ses voisins et leurs hoquets indignés enragent à l’extrême.
Et il y a Olympe. Olympe qui se tait. Olympe qui se tait parce qu’elle n’a pas les mots qu’il faut, ni les façons, mais dont le rire s’entend de l’autre côté de la mer.
 
 
Morceau choisi : l’accompagnateur
« Vous qui ne savez rien de la désolation, dit l’accompagnateur, personne n’ose en disconvenir, vous qui ne savez rien de la désolation sinon d’un savoir blasé autant que confortable ce qui revient en somme à un parfait non-savoir, les touristes s’entre-regardent, vous allez entreprendre un voyage à travers l’Europe proscrite des manuels de tourisme, l’Europe proscrite de la pensée, celle-ci. Et l’accompagnateur, d’une main sacerdotale, dessine un geste large qui embrasse la cité.
Sans être exactement votre directeur de conscience, dit l’accompagnateur, j’ai à cœur que ce voyage soit pour chacun de vous une épreuve intérieure dont vous sortirez meilleurs.
Totalement jobastre ! murmure Lafeuillade. »
 
 
Post-face
J’aime son ton caustique, et son style parlé, un peu haché, interpellateur… Et surtout, surtout, j’espère qu’Olympe a prévu de se sauver. J’espère.
Je passerai bien l’après-midi à poursuivre mais j’ai du boulot pour mon association. Après la politique en observation, je vais donc passer au sens pratique : la politique en orientations. Affaire à suivre… Dans Verbatim !
 
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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 22:19

Dans la série « J'aime lire »
J'ai toujours peur de manquer...
Donc je fais des provisions...
Ce qui m’amène à dire que je suis une sorte d'écureuil...
Très éclectique...
 
Dans la série « Question pour un bloggueur »…
Et non pas pour une blondeur, comme me le suggère mon correcteur orthographique,
Voulez-vous savoir ce que j’ai accumulé sur ma table de chevet ?
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Expresso...

Le coup de la panne, par Mehdi Ahoudig

Le métro de Tokyo fonctionne très bien. Tellement bien que quand il y a une panne, c'est l'affolement général. Ballet de bruits et de voix pour mécanique un instant suspendue : tranche de son.