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20 juin 2007 3 20 /06 /juin /2007 10:02
Fini de jouer…
 
Je reprends le commentaire que j’ai fait à Madame Copine dans Echec et Pat, lorsqu’elle me disait que pour elle c’était un mystère que je continue… Et me souhaitait du courage, ce dont j'avais bien besoin !
Lundi 18 juin à l'aube... 
« Je me suis sentie écrasée par la responsabilité qui m'incombait, et que les partenaires financiers me renvoyaient  "si tu pars l'association va mourir", au vu des engagements financiers pris par chacun (quand même, budget annuel de 1 300 000 euros, et 485 000 euros de DETTES à rembourser sur 9 ans)...
Aujourd'hui, personne d'autre ne veut prendre la présidence. Et ce soir, au CA qui aura pour tâche d'élire son nouveau bureau, je ne me représenterai pas, car je ne vais pas "violer" les salariés en tentant de les convaincre d'un projet et d'une méthode qu'ils récusent, au nom de la militance (à bon compte selon moi).
Chacun doit prendre ses responsabilités. Et je ne vois pas pourquoi j'assumerai aussi celles des autres. Après tout, étant donné que ce sont les 21 salariés qui portent le projet au quotidien, accompagnés en cela par un CA, qu'ils se trouvent le ou la présidente qui leur correspondra.
S'ils me le demandent, je n'assumerai la fonction que par défaut, le temps qu'ils s'organisent. Fin de règne donc. »
 
Mercredi 20 juin : édit
Depuis jeudi dernier, je considère que j’ai rempli ma mission. L’association est sortie du RJ, et sa feuille de route est calée sur les 2/3 ans à venir. J’ai proposé des orientations de nature à pérenniser le travail accompli et j’ai étoffé le CA de deux nouveaux administrateurs. J’avais la responsabilité de faire cela. A présent, je peux renvoyer chacun aux siennes. Et aucun de nos partenaires ne me le reprochera. En fin de week-end, j'ai donc sifflé les Arrêts de jeu
 
 
Mon agenda de Présidente : lundi 18 juin
-      07h30 : réunion avec le Directeur et l’équipe projet « habitat en très mauvais état ». En théorie, on doit travailler sur une note complémentaire stratégique dont j’ai demandé la rédaction en réponse au blocage des commanditaires de l’action sur les résultats à un an, très insuffisants selon eux. Elle doit leur être présentée à un comité de pilotage très rapproché. Je lis la note, très incomplète, et je me demande comment la séance de travail va se passer : c’est illisible, sur la forme comme sur le fond ! En difficulté, le chef de projet ne comprend toujours pas que nous sommes là pour partir de la réalité et rechercher des perspectives (l’aider en somme). Donc maquillage de la réalité, dénonciation des méchants (les autres)… Avec le directeur on tente de positiver le travail, et on donne des devoirs…
-      09h30 : je suis dirigeante bénévole, donc à cette heure là je suis à mon bureau…
-     12h00 : conférence téléphonique avec les administrateurs. Je leur annonce ma décision. Ils me soutiennent et je les en remercie…
-     12h30 :déjeuner avec le directeur : retour sur la réunion du matin. On constate les limites de la compétence du chef de projet. En théorie, on sait ce qu’il conviendrait de faire. Mais en pratique… Je coupe court et je lui dis que j’ai décidé de ne pas me représenter aux fonctions de présidente. Je lui déroule le fil de mon analyse depuis l’AG. Il pense que j’ai raison, mais que cela va provoquer un séisme. Ai-je bien mesuré toutes les conséquences ? Certainement pas toutes. Mais je mesure celles qui m’attendent au tournant si je reste...
 
 
Les absents ont-ils toujours tort ?
A 17h30, l’ancien président (qui s’est abstenu sur le vote du rapport d’orientation) n’est toujours pas là. Je l’appelle et il me répond qu’il a OUBLIE que nous avions un CA… et ne pourra pas se libérer. Je lui annonce mon intention de démissionner pour l’inciter à se libérer. Il me répond « C’est chaud qu’est-ce que vous avez tous là ? Mais bon fais comme il te semble, et vas en paix »… Amen !
 
 
Un CA pas très ordinaire
 
Ouverture de séance à 18h15, petit historique de mon engagement dans l’association, et annonce de ma démission, exécutoire à la mi-septembre le temps que la structure s’organise. Reprise de volée par le trésorier, qui indique qu’il me suivra dans les mêmes délais… Electrochoc dans l’assistance…
 
Les représentants des salariés se regardent sans mot dire. Ils étaient convaincus que je m’accrochais à mon siége… Il leur faut donc réévaluer leur grille de lecture en flash express…
 
La plus mature (celle qui m’est devenue la plus sympathique au fil du temps) prend la parole « Je regrette ta décision, et je tiens à te témoigner mon respect, et à saluer le courage dont tu as fait preuve pour porter l’association en période de redressement judiciaire. Les salariés reconnaissent tous le rôle primordial que tu as joué. Il est vrai que ces derniers temps nous avons reproduit en CA des vieux comportements d’avant. Il me semblait que ce n’était pas de nature remettre en cause ni le travail accompli ni ta personne. J’en conclue qu’il nous a sans doute manqué d’autres espaces de parole. Et je pensais que cette adhésion des salariés se construirait à l’aune d’un CA renouvelé ».
 
Prise de parole par le nouvel administrateur. Le propos est juste, donc d’une insoutenable dureté pour ceux qui se dérobent à leurs responsabilités en invoquant plutôt la FAUTE de l’Autre…
En premier lieu, il regrette profondément l’absence de l’ancien président. Car lorsqu’on s’abstient sur un rapport d’orientation, c’est que l’on a une stratégie alternative à proposer, et dans ce cas on vient s’en expliquer (au sens de la porter) au CA suivant.
En second lieu, il indique que plutôt que d’opposition, la présidente propose depuis un certain temps une stratégie pour cette association, et qu’elle ne se sent pas suivie pour les salariés, qui sont, comme elle l’a souligné, les forces vives de l’association.
 
Réactions en chaîne des salariés
Comment mais si on a voté le rapport d’orientation… C’est pas vrai…. Il ne faut pas confondre notre fatigue avec de l’opposition…
 
Ma réaction
Je ne suis pas naïve. Ni dupe. Et je ne confond pas votre fatigue – légitime comme la mienne au demeurant – avec de l’opposition. Cela étant dit, je précise que mon analyse s’est construite au cours des derniers mois, depuis que nous sommes sortis de RJ. Je pense que tant que nous étions en sursis avec une forte probabilité de mourir, je me sentais suivie. Mais depuis plusieurs mois, je constate, d’après les prises de position de chacun, que ce n’est plus le cas. Et pour moi l’AG illustre cela. Je renvoie donc la balle dans votre camp. Vous devez trouver le modèle qui correspond le mieux à vos valeurs, et à votre capacité d’implication professionnelle. Aujourd’hui je ne peux pas conduire un projet CONTRE les salariés. Donc à vous de trancher.
 
Le nouvel administrateur revient sur l’AG. Sur la question des volontaires (et de leur droit de vote ou non), comme sur les autres questions, il était dans l’intérêt des salariés de « coller » à la présidente et de ne pas étaler devant un réseau national (avec lequel les relations sont compliquées) des éléments de débat interne.
 
Réaction d’une salariée, l’œil noir
Si maintenant on en peut plus rien dire… Il faut nous dire quand on a le droit de parler ! Je ne pensais pas que cela ne pouvait pas se dire dans cet espace là…
 
Le nouvel administrateur en rajoute une couche : quand on est salarié dirigeant, puisque membre d’un CA avec un droit de vote, cela implique une énorme responsabilité. Et si on ne sait pas si c’est une bonne idée de prendre la parole, alors on se tait. Peut-être que de bonne foi vous ne pensiez pas mettre votre présidente en difficulté. Mais c’est ce qui s’est passé. En vertu de quoi je comprends sa décision.
 
 
Résultat des courses
Election du bureau provisoire jusqu’à la mi-septembre, en vue d’assurer les décisions de gestion nécessaire à la poursuite de l’activité. Le CA ne prendra donc aucune décision d’orientation pendant cette période.
Un nouveau CA est programmé au 27 juillet, et il aura pour objectif de dessiner l’équipe qui portera le projet demain.
Le bureau provisoire annoncera la préfiguration de cette nouvelle équipe le lundi 2 juillet.
Fin de la journée…
 
 
Aujourd'hui mercredi
Merci à ma maman et merci à Madame Copine pour m'avoir, chacune à leur façon, accompagnée sur ces quelques jours de réflexion.
Aujourd'hui je suis sereine. Je sais que les jours et les semaines à venir vont être compliquées mais je veux être confiante.
Et je vais de ce pas me faire un petit café avant de faire un coucou aux copines et reprendre mes activités professionnelles...
Souhaitez-moi bonne chance pour tout !

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Published by Laure - dans Verbatim
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commentaires

Madame Copine 20/06/2007 14:11

Ouah!!! Mais que de rebondissements en quelques jours!!!!Et bien je suis contente pour toi: tu pars la tête haute avec le travail principal accomplie (RJ) et tu les renvoies à leur manque de soutien, et le tout appuyé par l administrateur!!! Quant à l'ancien président, bien mouché!!!!Je pense qu'après avoir digéré tout ça, tu te sentiras légère, légère!!!!!Je n'ai qu'un mot: bravo!!!!

Laure 20/06/2007 14:47

Merci copine !
Ce fut difficile, autant dire que depuis jeudi dernier je n'étais pas d'humeur joyeuse, sans parler du week end. J'ai tourné et retourné le problème dans tous les sens, et j'ai enfin accepté que je ne pouvais pas être responsable de tout... Et qu'il était temps d'en finir avec les faux semblants. Une leçon de vie n'est-ce-pas ?
Je crois que c'était le bon moment pour le faire. La messe était dite. Aus salariés de boire la coupe jusqu'à la lie... Je le dis sans méchanceté. Et je leur souhaite de trouver un modèle et une équipe pour le porter qui leur convienne !
Quant à l'ancien président, j'espère qu'il a bien mesuré ses prises de position... Car il lui faudra en tout état de cause en assumer les conséquences !
Aujourd'hui, je suis extrêmement fatiguée, mais je pense que c'est normal...

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Le métro de Tokyo fonctionne très bien. Tellement bien que quand il y a une panne, c'est l'affolement général. Ballet de bruits et de voix pour mécanique un instant suspendue : tranche de son.