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3 mai 2007 4 03 /05 /mai /2007 21:45
Loin. En partant pas trop tard on peut peut-être y arriver, un jour. Périple intérieur en Asie mineure. Un nom de rue c’est un début.
 
 
Dédicace
A toutes les sortes de pères, à toues les sortes de psy, et à toutes les sortes de coiffeurs. Dans le désordre. Tiercé gagnant ?
 
 
Une coiffeur en urgence
Avant toute chose, Eva avait décidé d’aller se faire couper les tifs. C’est marrant elle pensait - mon coiffeur a le même prénom que mon père qui a le même que mon psychanalyste.
Donc comme on ne peut pas avoir du pouvoir sur tout, dans un premier temps changer de tête c’est moyen compliqué – 50 euros et 1h30 d’énergie entièrement absorbée par l’angoisse - quelle tête je vais avoir pourvu que ça me plaise – là j’ai l’impression qu’il fait n’importe quoi oh là là il a l’air d’être ailleurs aujourd’hui tient je vais fermer les yeux comme ça je ne verrai pas le massacre – ce serait super s’il arrivait à me faire exactement le truc qui me ressemblerait du genre total sur-mesure la coupe dont je pourrais dire c’est MOI, même si ça paraît impudique, voire exhibitionniste.
Bon l’état d’esprit d’Eva c’était globalement de trouver le truc unique et génial – les espoirs fous ont la vie longue isn’t it. Ces derniers jours elle était ballonnée - pas enceinte le test était formel - mais pas bien avec des glouglous comme des petits poissons un peu au bord de l’asphyxie et trop à l’étroit au fond du ventre. Et puis ce cœur, ce cœur gros comme tout d’ailleurs elle ne savait même pas pourquoi enfin elle avait bien une petite idée mais franchement elle se disait pauvre nulle t’es vraiment trop naze ma cocotte oublie. Le temps d’y réfléchir elle avait appelé le coiffeur en urgence et maintenant elle était sur son siège en face d’un miroir doré dans un salon en vogue, juste à côté du bistrot Chine et Brocante ça ne s’invente pas…
- bon miss alors je te fais quoi aujourd'hui ?
- un truc joyeux j'ai besoin de me marrer un peu sur ma connerie tu vois donc carte blanche l'artiste
- non mais tu n'as pas une piste à me lancer - au moins si tu veux court ou long, structuré ou pas...
- ce que je veux, ce que je veux, tu veux savoir ce que je veux ? elle en avait bégagayé d'agacement
Pathétique. Elle avait l’air. Avec son bavoir géant et ses trois cheveux mouillés collés sur le front. A vrai dire elle se faisait peine toute seule. Ce qu’elle voulait ? Qu’il coupe. Une mèche pour chaque chose à oublier – des plus ou moins fines des plus ou moins longues des plus ou moins visibles des plus ou moins anciennes des plus ou moins tenaces – à chaque souvenir une mèche à chaque oubli un trophée c’était pas sorcier à comprendre non ?
- Eva je fais quoi alors ?
- Je veux un truc léger pas structuré ni coincé ni habillé une sorte de vent d'été elle lui dit
- ...
- N'insiste pas je n'ai plus rien à dire débrouille-toi avec ça elle pensait
- Je peux m'inspirer de ta robe ?
Sa robe papillon ? Ok pas de problème va pour les papillons ils sont barcelonais vive l’Europe et les villes internationales et les grandes enseignes moins chères là bas. Mes papillons ils ont voyagé mais je ne suis pas certaine qu’ils aient fait l’unanimité en Provence. Preuve la grand-mère appelait ça une combinaison et je sais plus qui une nuisette sous-entendu ma pauvre Eva toujours à côté de la plaque tu sors en nuisette ou ma grande décalée tu te montres en combinaison à ton âge non mais tu n’as pas honte ?
Honte ? Si si elle avait honte, mais davantage de leurs réflexions lancées par un beau dimanche des familles qui signifiait – en théorie du moins – c’est la trêve. Pas de panique elle n’était pas seule à cueillir des gentillesses la petite sœur avait récolté du « tu as le visage gonfle ça ne te va pas du tout je pense que tu sors trop » alors. Alors ?
- Inspire-toi de ma robe si ça te chante mas ne me fais pas une tête de Pérette et son petit pot de Bridélice
- De quoi ?
- Je ne vais pas te raconter la success story de Pérette mais l'idée, c'est que tu ne me fasses pas un truc "sympa". Ca m'agacerait prodigieusement dit-elle en détachant bien ses mots
Perette était le personnage principal d’une pub pour une crème fraîche… Une jeune femme provinciale – la tenue l’attestait : robe courte Falbala - qui faisait son marché avec un panier au bras et disait bonjour à tous les commerçants. Les hommes la reluquaient gentiment « quel délice cette Pépette – heu non – cette Pérette », les femmes quant à elles avaient été virées de la scène elles avaient sans doute mieux à faire pour les scénaristes (aux fourneaux, avec les minots ? On n’en saura jamais rien).
Bref. Ce qu’Eva voulait, c’était une réhabilitation complète : modernité, élégance, intemporalité, légèreté, combativité. Rien de moins.
- Bien...
- Quoi ?
- Ben je vais me débrouiller. Mais je ne suis pas psy ma jolie
- C'est une chance elle lui lança
Ouh la méchante ! Non pour sûr elle n’était pas sympa. Surtout après avoir attendu des lustres que la femme du footeballeur le plus connu de la région l’ai coiffée au poteau (sic) en lui réquisitionnant SON coiffeur visagiste pour une coupe asymétrique TRES réussie.
Ouh la jalouse ! Non pas du tout. Ne pas tout confondre tout de même. Non mais. Tout de même !
 
 
Epilogue
Au bout d’1h30 de sueurs froides (cf. plus haut), Eva sortit de cette épreuve toute pomponette… Et, sur le chemin du retour, se prit pour Pérette et son petit pot de Bridélice en remontant la rue Sainte… Ca ne s’invente pas…

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commentaires

NatduVénéz 22/05/2007 22:13

Coucouc, ça y est, me revoili, me revoilà... Rentrée de vacances, ordi à peu près en forme...
Du coup je remonte à la source des articles non lus...
Dis, c'est la "Pérette Belle des Champs" ta Pépette ?

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Le métro de Tokyo fonctionne très bien. Tellement bien que quand il y a une panne, c'est l'affolement général. Ballet de bruits et de voix pour mécanique un instant suspendue : tranche de son.