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6 avril 2007 5 06 /04 /avril /2007 16:59
Comprenne qui pourra, un nom de code est parfois étonnant, mais l'essentiel est qu'il fonctionne, encore.
 
 
Dédicaces
 
Remember. Du genre j'étais sur les bancs d'école à côté du délégué de classe en cours de français, pétrie de bonnes résolutions en l'honneur de ce redoublement demandé, elle était derrière moi et un jour on s'est assises à côté comme ça pour voir et c'est là que tout a commencé. Dédicace première.
 
Et
A celle qui m'a sauvé la vie en me faisant courir des risques insensés sur une mobylette empruntée à un gentil garçon dont le nom m'échappe. Qu'il soit ici enfin remercié, il le mérite. Dédicace seconde.
 
Et
A la cofondatrice de LEMA, bande de joyeuses pépètes, parité blondes brunes, égalité dans l'invention des pitreries, bavardage à tous les cours (sauf en histoire géographie grâce à une parade imparable d'une professeur à qui on ne la fait pas), réappropriation du genre de la bandedessinée (cf. archives), capacité hors normes à la moquerie, nombreuses évasions sur la Côte Bleue pendant les cours de gym, militantisme forcené (je sais, je sais, c'est de ma faute si nous avons passé une soirée affreuse dans un squat sous prétexte que je trouvais le type extraordinairement intelligent en AG après la manif). Dédicace troisième.
 
Et
A la seconde moitié du plus précieux binôme d'amitié qui ait existé dans ma vie, notamment parce qu'il m'a aidée à traverser moult crises, de l'adolescence. à la fin de l'adolescence, à coup de fous rires et de séances marathon de blabli blabla dans des cafés et au téléphone.
En souvenir de notre propension à rendre dingue la prof de bio, notamment une fois où ça nous a valu un tête à tête avec un directeur adjoint hilare à travers les trous trous de copies rédigées en italien pour l'une, en langage lubrique pour l'autre, verdict ce que vous faites est mal vraiment mal (mais c'est si drôle hihihi) prenez de ce pas un air contrit et filez en cours nom de Dieu ; retour triomphant devant les yeux ébahis des copines, acceptation de la séparation car il restait la bandedessinée pour ne pas rompre le circuit de la communication.
Sans oublier les retards innombrables et injustifiables en cours d'anglais, pour lesquels nous n'étions pas à cours d'explications, dont une, particulièrement mémorable, retraçait les aléas d'un embouteillage de petits oiseaux sur une route à sens unique blablabla non vraiment on vous jure pouf pouf pouf, hoquet, on se reprend sinon ça va dérouiller sec. Dédicace quatrième.
 
Ou
A la seule personne pour laquelle j'ai eu envie de reprendre la plume, afin de lui conter une petite histoire de mon cru, pour tout un tas de bonnes raisons qui ne regardent personne. Dédicace cinquième.
 
 
Scène première du papillon bleu
 
Son nom de scène elle l'avait cherché longtemps. Eva la clown. Son spectacle ne durait que trente minutes. Trente minutes, soit la moitié d'une heure. Certains jugeaient cela un peu court mais elle trouvait que c'était suffisant pour une première partie. Comme elle n'était jamais à court d'arguments, tout le monde se l'était tenu pour dit. Bien.
 
Eva la clown atterrissait sur le plateau (une astuce en baudrier et mousquetons) dans une robe à fleur pomponette harnachée de : palmes, masque et tuba, parachute, parapluie, piolets, mini ski, guides en tout genre, boussole (indispensable), couverture de survie, gilet de sauvetage, scoubidou et rubicub, walkman, lampion, filet à papillons, trousse de maquillage complète, calculatrice, et une demi douzaine de menus accessoires de survie. Une coiffure à la Laura Ingalls pour le côté kitch - elle avait 16 ans et à cet âge, tout le monde SAIT que les tresses sont à la mode - un maquillage de jeune fille, c'est à dire avec un peu trop de tout...
 
Décor
 
Dans un espace délimité par un cercle au sol, un peu comme une toute petite planète. Dans cet espace, un petit salon : une banquette une place, un fauteuil club avec un petit guéridon et un téléphone posé dessus, un mannequin de couturière, une chaîne hifi portative, une coiffeuse, une malle en osier.
 
L'éclairage est assez sommaire, hormis une petite lampe de chevet que l'on peut balader d'un endroit à l'autre.
 
En fond de scène il y a un grand mur blanc, de 5 mètres sur 3 environ. Pour les besoins de la mise en scène, il peut être caché par un rideau blanc tendu.
 
Elle rêvasse, allongée sur sa banquette, quand elle entend une musique douce. Le genre de musique que l'on mettait sur un gramophone lors de déjeuners à la campagne il y a fort longtemps. Projection d'une photographie d'un vieux mur en pierre en fond de scène. Elle lève la tête et aperçoit un papillon bleu qui semble s'être arrêté sur le faîte.
 
Elle se lève et s'approche d'un voilage qu'elle écarte. Noir en devant de scène.
 
-          je suis le meilleur assureur mon poussin (devant elle se tient un HOMME, du genre tatoué...)
-          avant toute chose mettons les choses au clair : je ne suis pas un poussin
-          pourtant un poussin c'est mignon
-          un poussin c'est un bébé et je ne suis plus un bébé. je suis une poule. Non. Plutôt une poulette. A part. C'est vrai qu'une poule ce n'est pas très sexy et puis c'est dur à cuire, tandis qu'une poulette. c'est encore un peu tendre.
-          bon tu mets ton baudrier ma poulette ?
-          voilà voilà voilà.
 
Bon évidemment à cet âge on est coquet donc elle s'ajuste, se tourne et se retourne, rentre le ventre, serre les fesses, et fait quelques assouplissements tout à fait hors de propos.
 
-          et tu comptes escalader avec tes palmes ? Soupir. Soit. Elle enlève ses palmes.
-          tu gardes le parachute ? C'est toi qui vois mais en cas de pépin ça m'étonnerait que tu aies le temps de l'ouvrir
-          tu as souvent des pépins ?
-          très très rarement
-          mais quand même ça peut t'arriver
-          tu sais le risque zéro n'existe pas
-          c'est fâcheux
-          c'est comme ça
 
Elle se met à inspecter l'ensemble du matériel en faisant moult tests de résistance tout à fait étranges étant donné qu'elle n'y connaît fichtre rien. Puis elle s'agenouille et se tape légèrement la tête sur le sol, et prend un air soucieux.
 
-          dis-moi mais si jamais je tombe
-          je te retiens
-          et admettons que tu aies un moment de distraction pile au moment où je dérape
-          il faut que tu me fasses confiance
-          tu es fou je ne fais confiance à personne
-          alors je n'ai pas de solution à te proposer poussin.
 
Elle lui jette un regard furieux, réfléchit 2/3 secondes et cours vers sa malle en osier, dont elle ressort du chatterton ! (Il la regarde, amusé) Elle empoigne un coussin qu'elle se scotche aux fesses, au second au ventre, farfouille dans sa trousse à maquillage et se dessine des traits noirs sur les joues, écrit MEME PAS PEUR en rouge sur son bras gauche puis enfile son casque de spéléologie et s'approche du mur d'escalade, rassurée ça on peut en douter mais très décidée c'est certain.
 
-          je suis prête
-          ...
-          bon comment je fais
-          d'abord tu visualises les prises, et tu mémorises mentalement le chemin que tu auras choisi
-          mais toi d'en bas tu ne peux pas me guider ?
-          non poulette. Tu dois faire en fonction de ta taille et de ton niveau. Allez, on y va
 
On la voit qui prend la première prise, se hisse à bout de bras, recommence et se trouve coincée à moins de deux mètres du sol. Elle a les jambes qui tremblent, se contorsionne dans tous les sens et jette des regards implorants à son assureur.
 
-          tu dois pousser sur tes jambes sinon tu n'auras plus de forces dans les bras
-          je suis coincée
-          pousse !
-          ...
-          à ta place j'enlèverais les coussins
-          ah oui ? (Eberluée. Il est vraiment fou ce type !)
-          pour sûr. Poses tes pieds contre la paroi et mets les fesses en arrière, comme si tu allais t'asseoir. Je te retiens. Quand tu seras bien installée tu pourras te débarrasser de tes trucs qui servent à rien
 
Evaluation de la situation : elle n'est pas réellement en position de discuter le bout de gras DONC elle s'exécute. Lentement, premièrement cause disposition naturelle, deuxièmement cause trouille limite panique ; conséquence obligation de faire confiance au spécialiste et ce sans le lui montrer (faut pas pousser). Les coussins tombent par terre. Elle inspire. Reprend son ascension petit à petit (comme l'oiseau fait son nid hihihi), encouragée par son assureur qui lui crie « pousse sur tes jambes ! » ou « tu peux le faire ! » en alternance, au rythme de toutes les 10 secondes. Si elle était en moins mauvaise posture elle le renverrait dans ses buts ce crâneur. En d'autres termes (marseillais), elle s'engatse. Arrivée en haut, elle s'affale, épuisée, puis se tourne sur le ventre et s'approche du papillon. Sourire.
 
-          bon maintenant descente en rappel et là c'est toi qui contrôles ta vitesse
-          et toi tu fais quoi pendant ce temps ?
-          je te regarde poulette
-          splendide.
 
Noir.
 

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Published by Laure - dans Intercalaires
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commentaires

Madame Copine 08/04/2007 07:06

Tendresse et fous rires, une petite larme à l'oeil.....
Continue!!! Fais moi rêver, fais moi rire....fais moi partager....j'ai rêvé de toi cette nuit, tu étais dans ta chambre ici....
Je t'embrasse
 

Expresso...

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Le métro de Tokyo fonctionne très bien. Tellement bien que quand il y a une panne, c'est l'affolement général. Ballet de bruits et de voix pour mécanique un instant suspendue : tranche de son.