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1 janvier 2008 2 01 /01 /janvier /2008 21:59

Suspense de la vie conjugale…

  
Dédicace
A nos Hommes, ces grands aventuriers…
 
 
Prologue
L’idée venait d’elle. Une ballade sportive en amoureux histoire de bien finir l’année écoulée. C’était sans compter sur les ampoules aux pieds…
 
 
Morceaux choisis
 
Elle avait tout bien planifié. Le refuge était réservé, les raquettes achetées, les sacs à dos ficelés, et le thermos de bouillon Kub préparé. Le programme par mail avait été bien envoyé. Et bien reçu apparemment. Restait un détail à régler : le chat chez belle-maman déposer, et les instructions à cet effet rappeler.
 
Du retard fut pris – malgré ces préparatifs millimétrés – dès le début de la matinée, et le refuge par conséquent averti d’une arrivée nocturne. Aucun problème la piste est damée. Damnée s’inquiéta-t-elle ? Non ma chérie. Damée. Bien tracée en langage aventurier. Zéro souci. On montera à la bougie… « La vallée de la Clarée à la belle étoile admirer… On va se régaler… » Si tu le dis… Mon chéri…
 
A la sortie de l’autoroute l’Homme commença à s’échauffer. Pas les poignets. Non. Les nerfs. Des bouchons le firent très sérieusement douter. C’est pas bien raisonnable, lança-t-il pour la tester. Fallait pas accepter, rétorqua-t-elle sans sourciller.
 
A 16h30 (-7°C), ils se garèrent au top départ de la randonnée. Une étape décisive de passée se disait-elle. A présent, plus question de reculer. L’Homme de son côté bouillonnait. Pas d’impatience. Non. De colère à peine voilée. Je suis fait comme un rat se disait-il. A présent, n’importe quel prétexte sera bon pour reculer. On aurait pu appeler cela un conflit d’intérêt. Mais c’était vraiment pas la peine d’en rajouter.
 
On y va ! Sa voix était celle d’une personne bien déterminée. Et elle l’était. Déterminée. Tu verras, c’est un très bel endroit, ajouta-t-elle pour l’amadouer. Il maugréa. Pendant deux longues heures. Elle marcha sans se retourner. Pendant deux longues heures. Et 257 mètres de dénivelé.
 
A 18h27 (environ -12°C), ils arrivèrent au camping. Voilà. C’est la croisée des chemins la prévint-il. De quoi as-tu besoin ? Me concernant, je redescends. Je te demande pardon ? Me concernant, il n’en n’est pas question. A ces mots sa colère au grand jour explosa. Façon de parler. Et tu vas faire quoi, toute seule, de nuit et dans ce froid ? Marcher, grimper jusqu’au chalet, manger une bonne soupe, et dormir dans un lit douillet, répondit-elle sans se démonter. Je me demande pourquoi j’ai épousé une femme pareille, lui cria-t-il dans l’oreille. Je te répondrai quand on sera mariés, grinça-t-elle, fort énervée…
 
Puis une autre stratégie il testa. Ton inconscience sans bornes et sans limites te perdra, il lui assena. Se taper un tel dénivelé à cette heure là, c’est in con si dé ré (il épela). La prochaine fois, ton expédition mieux que ça tu prépareras. Moi j’y vais pas. Il répéta cela trois fois.
A ce moment là, sa dernière carte elle joua. Bouh ouh ouh. Bouh ouh ouh… Elle pleura. Il manquait plus que ça…En bas on sait même pas où crécher. Elle renifla. Alors que là, dans une heure à peine on est arrivés. Y’aura de la soupe et un petit lit douillet… J’avais tout bien préparé… Bouh ouh ouh ouh ouh. Pause. Puis un regard en coin elle lui jeta.
 
A ce moment là il était bien embêté. Et décida de se résigner. Bon gré mal gré. Bon ça va. Mais je te préviens, si je m’enfonce les pieds dans la neige, je te laisse en plan et je repars en courant dans le sens opposé. Voilà. Ca te va ? Elle se moucha et hoqueta. Ca me va.
 
Dix mètres plus loin, il s’enfonça les deux pieds dans la neige et trébucha. Le sac à dos par terre il jeta. On va en profiter pour manger quelque pruneaux et deux ou trois abricots, dit-elle tout bas. Et pour le sac à dos, on va échanger. Comme tu voudras… Ca t’apprendra, espèce d’écervelée (au fond de lui il commençait à s’amuser). Et je t’interdis de me parler pendant la montée ! Elle acquiesça.
 
Ils reprirent alors l’ascension, éclairant la piste à la lampe frontale de chez Petzel. Une marque de qualité. La vallée était fort calme. Au hameau. Pause. A l’arbre. Pause. A la butte. Pause. Au bosquet. Pause. Ca va ? Il lui demanda. Ca va. Je suis prête. On y va. Il marchait devant. Doucement. Il lui parlait souvent. Gentiment.
 
A mi-chemin, il se demanda s’ils s’étaient pas gourés de chemin. A mi-chemin, elle espéra que cette histoire là finirait bien. Le vent se leva au moment où ils entrèrent dans un sous-bois. Ca doit plus être loin… Au ruisseau, toujours rien. Bien bien bien.
 
Encore une montée. A 45 °. On va jamais y arriver ! On va grignoter quelques menus pruneaux et abricots. Aller. A l’arbre. Pause. Au bosquet. Pause. A la butte. Pause. Il l’attendait. Mon Homme, c’est un Homme, un Vrai, elle pensa.
 
Parvenue en haut de la butte, elle vit la salle à manger toute éclairée. Il faisait dans les - 17°C. Elle se dit qu’elle était soulagée. Elle lui dit que, bon, finalement, c’était pas si compliqué. Il se dit qu’il était temps ; elle aurait finit par prendre froid. Il lui dit qu’il n’avait – à aucun moment – été inquiet…
 
 
Epilogue
De la soupe elle reprit trois fois. Et du gâteau au chocolat et aux noix deux fois.
Ils se firent les yeux doux. On en a un peu bavé mais c’était sympa, hein, on roudoudou…


Edit
En tout et pour tout, ils firent 637 mètres de dénivelé en 3h30 chrono, sur la neige et en pleine nuit. Pas mal non ?
Bonne année à toutes et à tous !

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commentaires

Laure 09/01/2008 14:22

@ Madame Copine : en fait, plus que du froid, j'avais peur de souffrir de la faim... Etonnant non ?

Madame Copine 08/01/2008 04:01

Ouah!!!! Quelle aventure!!! J'imagine bien le bonheur de l'arrivée et la joie de se mettre sous la couette...gla gla gla 

NatduVénéz 03/01/2008 22:14

J'en claquais des dents rien qu'à la lecture de la progression des températures... Bah, dis donc, je suis contente de ne pas être mariée avec toi !!! T'as de sacrées surprises !!!

05/01/2008 13:04

@ Nat : ah mais je proteste ! Ce n'était pas mon idée de monter de nuit, mais bien celle de Monsieur ! Avant qu'il ne change d'avis...Par contre, j'avoue, j'ai choisi une ballade un peu sportive. C'est peut-être pour ces raisons là qu'il ne m'a pas encore demandée en mariage...

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